Article :
(avril 2004)


(Lien vers l'article en version originale ... this news in english)

Kerry critiqué pour ses connections françaises

La stratégie républicaine frappe
la culture et l'image
(Par Susan Milligan, Personnel De Globe, 12/04/2004)

WASHINGTON -- pendant que la course présidentielle devient plus serrée et plus méchante, le F-mot (fuck) devient plus en plus clair dans des attaques contre le candidat Démocrate présumé : John F. Kerry.

Ce mot est arrivé dans les commentaires du 'chef de la majorité de la Chambre', dans les 'blogs' Internet, ainsi que sur le site Web du Comité National Républicain. Il est apparu sur des sweat-shirts et des t-shirts, et jeté de ci de là dans les colonnes des auteurs ouvertement Conservateurs.

Ses ennemis se plaignent que Kerry pourrait aussi bien être français.

« Les Français croient que John Kerry a une certaine élégance ... »
ricane un participant au site Web
www.FreeRepublic.com, commentant des photographies peu flatteuses du sénateur du Massachusetts jouant au ping-pong, attrapant un ballon de foot ou lançant une balle de base-ball.
Et le libellé indique pour finir :
     « ... naturellement, puisque les Français pensent également que Lewis jerry est un comique génial. Pensez-y ! »

Tom Delay, chef de la majorité de la Chambre, Républicain du Texas, s'est même permis de commencer un meetingpar cette phrase :
                                        « Good mornig, ou comme Kerry dirait `Bonjour !` »

Et le RNC enfonce le clou le 1er avril en passant un spot TV – présenté comme une petite plaisanterie pour le poisson d'avril -- qui moque John Kerry et les Français :
     « Saviez-vous que le poisson d'avril a été institué par les Français au 16eme siècle ? Quand je pense que le prix de l'essence, chez eux, est aujourd'hui de 4.57 $ par gallon ... »
le tout sur un fond d'accordéon avec, accrochée au mur juste derrière, une peinture à l'huile évoquant Paris ...
     « Ici, aux Etats-Unis, nous avons John Kerry, qui a soutenu une augmentation de 50 cents de la taxe sur l'essence. Il semble que ce soit une bagatelle pour un type dont le yacht de 50 pieds, baptisé du nom d'un swashbuckler français, coûte $700 à chaque plein d'essence. Qui a voté pour des impôts plus élevés ? Le tout avec l'appui de chefs étrangers anonymes, »
Et la fausse publicité continue, montrant une image de John Kerry avec un point d'interrogation à la place du visage.
     « Tout cela a tellement énervé son cousin Français que celui-ci l'a appelé pour dire qu'il voterai pour Bush »

C'est vrai ! John Kerry a un cousin français, parle français couramment, et lorsqu'il était enfant, a passé 'des vacances' en Bretagne. C'est une combinaison que ses ennemis ont transformés en une sorte de « talon d'Achille », avec la volonté évidente d'insulter les français tout aussi bien que les défenseurs de John Kerry.
     « Ces types font la même chose à chaque fois qu'il veulent noircir un candidat. They're appealing to people's prejudices » a déclaré le sénateur Joseph Biden, Démocrate du Delaware. D'après Biden et ses amis, ce spot vise à rendre Kerry, Vétéran Décoré de la guerre du Vietnam, anti-patriotique en l'associant à un pays qui s'est opposé à la guerre en Irak. Ce spot essaye de présenter le sénateur du Massachusetts comme un nanti, un privilégié, qui aurait perdu le contact avec le peuple Américain.
     « Ces gens jouent la carte anti-intellectuelle, anti-élitiste, anti-culture ... » fulmine Biden. « Ils émettent l'idée que la sophistication est quelque chose de très mauvais, comme de lire la bible dans son intégralité, plutôt que de vous reporter uniquement au passages dont vous avez besoin. »

Whit Ayres, un stratège Républicain, a déclaré que la francophilie de Kerry « représente bien le stéréotype de cet élitisme Français dégradé typique de ce nord-est Libéral et du Massachusetts. Le fait que sa position vis-à vis de l'Irak semble relativement proche de celle du président français Jacques Chirac n'est que la cerise sur le gâteau. »

Reconnaissant que Bush est issu d'une famille aisée, Ayres déclare « George Bush n'est aucunement élitiste. C'est une question de style plutôt qu'une question d'environnement. Son héritage est peut être le Connecticut, mais son style est celui d'un Texan. George Bush ressort fortement comme un homme du peuple, malgré sa famille, et pas John Kerry. »

Burke's Peerage, un généalogiste basé à Londres spécialiste des lignées nobles, a récemment annoncé que l'histoire suggérerait que Kerry gagnerait les élections de novembre parce que le sénateur du Massachusetts a un sang un peu plus bleu que Bush.

« Mais s'il semble que les connections du sénateur Kerry avec la noblesse et la royauté excèdent même celles du Président George Walker Bush, » déclare le directeur de publication Harold Brooks-Baker, il semble que Kerry ai « non seulement des ascendances royales telles que Charlemagne, mais il entretient également des relations avec la famille royale Britannique, » Et il ajoute « Il est étroitement lié, du côté de sa mère, à pratiquement chaque ancienne grande famille patricienne de Boston."

Bush s'est forgé une image à peu près semblable en 2000. Tandis que Bush et adversaire Al Gore venaient tous deux de milieux privilégiés, c'était Gore qui s'est retrouvé présenté comme le produit d'une école privée et d'une famille aux as, alors que Bush se présentait avec succès en passant pour un type normal qui ne boit pas du vin mais de la bière (sans alcool).

« Ce n'est qu'un exemple parmi une série d'attaques personnelles qui volent au-dessous de la ceinture, » a dit Doug Hattaway, un conseiller politique, basé à Boston, qui a travaillé à la campagne de Gore en 2000. « Je pense que les Démocrates ont besoin de rendre plus agressives les références à Bush comme issu d'une famille de nantis, privilégié à tout point de vue, à qui tout est donné sur un plateau d'argent. »

Tad Devine, un conseiller de Kerry, dit même que « Avec Gore, je pense que les attaques personnelles ont bien pris, » et c'est pourquoi, avec Kerry, les Républicains « essayent de le marginaliser et de suggérer aux gens qu'il ne partage pas leurs valeurs. » Les démocrates croient qu'ils peuvent dépeindre Bush en tant que président pour les riches et les intérêts personnels, mais « Je ne sous-estime pas Bush en termes de quelqu'un qui a projeté consciemment une certaine image, » et il ajoute :
« Ils estiment que l'image est rassurante et que les gens y réagissent positivement. »

Les partisans Républicains disent que le Kerry a joué leurs jeux par sa façon d'agir et de parler – et même par les sports qu'il pratique. « regardez ses vacances, » dit un stratège Républicain en parlant de la journée snowboarding de Kerry en Idaho. « C'est un sport solitaire. Il renforce juste l'impression de quelqu'un de distant. Les gens pensent qu'il est froid, ainsi mettez-le sur une pente ? Il est simplement moronic. »

Les Français – après avoir observé, l'an dernier, le changement de nom des pommes-frites (originairement Belge) qu'on appelle ici des French Fries en Freedom Fries, ainsi que le retrait des petits pots de crème synthétique à la vanille qu'on appelle ici French vanilla du restaurant de la Maison Blanche en protestation contre l'opposition du gouvernement français à la guerre en Irak -- sont contrariés de voir leur pays à nouveau en but à des attaques purement rhétoriques.

Le gouvernement français ne prendra aucune position sur la course présidentielle, s'est exprimé Mireille Andrea Makanda, porte-parole pour le consulat français à Boston. Mais « pour nous, naturellement, en tant que citoyens Français, voir la nationalité française utilisée comme une prétendue insulte n'est pas plaisante. De manière général, nous pensons que tout cela est ridicule. »

« La manière dont c'est fait est raciste, » a dit Jacqueline Grapin, Française et présidente de l'institut européen à Washington. « C'est une honte, parce que les élections américaines mérite un niveau de débat un peu plus élevé. » Et elle ajoute que le public américain peut ne pas changer d'avis face à cette campagne anti-Français.

« Nous avons une expression en français qui indique que tout excès est vain -- quand vous allez trop loin, vous n'arrivez nulle part, » ajoute-t-elle. « Ceci peut être l'un de ces cas. »



Susan Milligan peut être jointe à milligan@globe.com

© Copyright Globe 2004 Newspaper Company.