Chapitre 06 : Gros !

A/ « Gros », comment ça marche ?

1) Intro

C'est une question que je me pose depuis que je suis ici, et je crois que c'est une question que tout le monde se pose partout dans le monde.

« Bon sang, ces Américains, qu'est ce qu'ils sont gros ! »
« Mais pourquoi, mon dieu, pourquoi ? »

Ceci étant, il faut bien avouer que si cette question est posée, les réponses ne viennent généralement pas des gens les mieux informés : Magazines de mode, clubs de gym et autres industries pharmaceutiques se partagent ici le marché des « gros ».

Mais je vous entends déjà d'ici marmonner dans vos barbes :

« Mais qu'est-ce qu'il en sait, lui ? »
« Et puis de toute façon faire du sport, c'est important, et puis Slim fast c'est pas si con que ça, et puis dans les magazines, c'est quand même plus agréable de voir des gamines de 12 ans habillées comme des « grandes », que des « vieilles », même anorexiques, avec des couettes et des socquettes blanches. »

Oh là ! Du calme !

Nous parlons ici d'une réalité bien réelle, d'un quotidien que je crois tous les jours et partout, du nombre hallucinant de personnes obèses aux USA.
Parce que si vous pensiez que les USA sont à l'image de « Miami Vice » (Deux flics à Miami) ou de « Starsky et Hutch », et bien vous vous fourrez le doigt d'ans l'oeil, et jusqu'au coude encore.
Ici, l'obésité est une réalité pour pas mal de gens, beaucoup plus qu'en France.

Selon une étude récente, 7% de la population Française serait obèse, contre 22 % aux USA !

Nous parlons donc là d'une proportion de 1 à 3 !

Alors criez avec moi :

« Mais pourquoi, mon Dieu, pourquoi ? »
« Est-ce génétique ? »
« Ont-ils irrité les Dieux ? »
« Sont-ils maudits ? »

Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeux, en fait, mais les premiers qui sautent aux yeux sont essentiellement d'ordre comportementaux, culturels (si tant est qu'ils soit possible de parler d'une culture ...), et tous se rapportent à deux idées majeures :

1- Manger rassure.

2- Quantités vaut mieux que qualité.

(Quand je pense que mon credo d'étudiant était : « Qualité vaut mieux que quantités »)

2) Rassurez moi, par pitié !

Premier problème : Oui, manger rassure !
Et plus vous êtes angoissés, plus vous avez envie de vous « rassurer », et vite !

Même si l'on vous culpabilisera en permanence sur votre poids, afin de vous vendre à peu près tout et n'importe quoi.

J'ai même vu une pub pour slim fast, mettant en scène deux mecs !
L'un avait perdu 2.5 kg et était plutôt fier de lui quand l'autre, le regardant avec mépris, affirmait qu'il en avait perdu 5 en 1 semaine.
Et hop, il soulèvent le T-shirt et se comparent le ventre.
Pour la première fois de ma vie, j'avais honte d'avoir un petit bidon. Moi qui en étais si fier, j'en avais honte ... Sainte Marie mère de Dieu, protégez nous ... enfin moi, surtout, parce que là, je ne sais vraiment plus quoi faire pour m'en sortir :

- Je mange pour me rassurer, et ainsi arriver à vivre dans des conditions plus ou moins supportables,
- Je ne mange pas pour perdre du poids, et ainsi atteindre l'idéal qui m'est présenté en permanence, quelle que soit la direction dans laquelle je regarde ...

Ou alors il y a les régimes :

Les régimes sont ici une affaire de mode. Et lorsqu'une mode passe, et change, tout le monde change.

Par exemple, en ce moment, là où travaille ma femme, c'est la mode du régime dit « No carbo-hydrate », et de la gym dite « méthode Pilates » de son auteur Joseph Pilates.
Et tou le monde participe, en parle, se réconforte et s'encourage. C'est plutôt pas mal, mais d'ici 3 ou 6 mois ce sera autre chose.
Et surtout : rien de tout ça ne changera les habitudes des gens, ici, attachés à leur culture de la consommation comme un Français peut l'être à son verre de vin quotidien.

3) Vivre tout en grand : C'est nous qu'on est les plus forts !

Et l'autre problème c'est que : Tout se doit d'être grand, fort, nombreux, « plus plus ».

Tout ce qui est « de qualité » se doit de l'être en quantités suffisantes pour être pris au sérieux.

Pour ceux qui veulent passer des vacances ici, et qui ont l'habitude des routes françaises peuplées, au pire, de Xantia et autre Safranes, sachez qu'ici, ces voitures seront les plus petites que vous pourrez trouver. La Toyota Corrola est une voiture « de base », et vous trouverez régulièrement sur votre chemin des SUV's : genre de gros 4x4.
La surface des appartements commence à 60m², et leur prix à 1500$ par mois.
Dans les restaurants, les portions sont généralement taillées pour des bûcherons Canadiens, et une entrée, ici, peut facilement vous faire un repas.

Au cours de mes pérégrinations internetesques, je suis tombé sur un article des plus intéressants, concernant ce sujet.
Mais cet article m'apprenait surtout que les américains sont effarés de ce que les Français sont plus maigres qu'eux !

En effet les Français sont réputés êtres de gros mangeurs, et leur cuisine, la "Cuisine à la Française", bonjour les calories !
Potées Auvergnates et autres Fondues Savoyardes garnissent vos tables, et pourtant, vous êtes tous de parfaits petits maigres !
(Vous noterez l'utilisation du « vos » pour qualifier les tables Françaises ... car désormais je dois dire « vos », du fait que je suis ici aux USA)
Du reste, sachez que toutes les représentantes du sexe faible que j'ai pu rencontrées en France, et je dis bien toutes, sont maigres (selon les critères en vigueurs ici) voire même anorexiques ... et toutes celles qui font une crise à chaque fois qu'elles passent devant un miroir, et qui pensent qu'elles ont un gros cul, des grosses cuisses ou bien même quelles sont grosses tout court, et bien sachez que non ! Pas du tout !
Ce qui est complètement injuste ! (pour les américains)

Allez hop, Caliméro, retourne dans ta coquille !

B/ En France, c'est pas pareil ...

1) Comparaison ...

Voici un article Américain que je me suis permis de le remanier un peu (enlever les parties inintéressantes par exemple).

Pourquoi les Américains ont-ils tendance à être plus gros que les Français,
qui aiment les nourritures grasses ?

La taille des portions est une grande partie du problème, que vous mangiez dehors ou à la maison.
Les Français mangent moins et semblent apprécier plus.

Dans le fameux guide Zagat des restaurants de Boston 2003/2004, on trouve près de 75 références à de grandes portions :

"hefty portions" : "portions pour les costauds"
"hungry man's portions" : "portions pour les affamés"
"massive portions" :
"portions massives"
"obscenely gigantic portions" :
"portions obscènement colossales"

Boston oublie facilement ses Inhibitions Puritaines quelque part entre "Je prendrais..." et "...l'addition, SVP !"

Alors que, d'autre part, le guide Zagat des restaurants de Paris contient 23 références à de petites portions :

"skimpy portions" : "portions écrémées"
"minuscule portions" :
"portions minuscules"
"shrunken portions" :
"portions rétrécies au lavage"
"microscopic portions" :
"portions microscopiques"
portions deemed "frugal" :
portions qualifiées de "frugales"
portions for "anorexics" :
portions pour "anorexiques"
portions considered "disappointing
by those not slated to appear on
the cover of Vogue" :
portions considérés comme "décevantes par ceux n'ayant pas
prévu d'apparaître en couverture de Vogue"

Est-ce encore une surprise que 22% d'Américains soient obèses, comparé à seulement 7% de Français ?

Évidemment, le guide Parisien énumère aussi les établissements servant de grandes portions. Mais il y en a 30% de moins que dans le Bostonien.

Le guide Parisien a plutôt tendance à utiliser des descriptions orientées vers la qualité des mets et leurs saveurs. Et, de fait, il n'y a aucune référence à des portions "assez grandes pour nourrir une famille", aucun "petit déjeuner de béhémoth", aucune observation comme quoi le personnel "pourrait tout aussi bien servir la nourriture dans une cuvette".

Il est aussi possible que ce que les Français considèrent comme une "grande portion" ne rivalise pas avec la définition Américaine de "grand".

Le psychologue Paul Rozin de l'université de Pennsylvanie en a fait la remarque quand il a pesé les portions parisiennes et les a comparées à des portions de plats semblables à Philadelphie. Il a fait ces comparaisons en faisant le parallèle avec les annotations du guide Zagat pour sa ville.

La fracture dans les tailles des portions va au delà des restaurants. Rozin a également trouvé des portions plus grandes dans les supermarchés américains, ce qu'il a rapportés dans son étude intitulée, "l'écologie de la restauration : De plus petites portions en France qu'aux Etats-Unis expliquent le paradoxe français." (Nous parlons ici du paradoxe par lequel les Français sont moins sujets à des maladies cardio-vasculaires en dépit de leur penchant pour les pourritures grasses.)

Rozin, qui a édité ses résultats dans l'édition de septembre du journal "la Science psychologique", a constaté qu'un repas typique dans un restaurant chinois à Philadelphie pesait 72% de plus, en moyenne, qu'un met semblable à Paris; et pour un "petit plaisir" dans un magasin de crème glacée de Philadelphie, 24% de plus.

Rozin a toutefois indiqué qu'il n'était pas sûr que les Français et les Américains aient toujours été si différents quand aux tailles des portions, mais il note :

"Le principe américain de l'abondance."

Nous sommes un "grand pays" et "grand" a beaucoup de signification pour nous, même sur un plan émotionnel.
Ainsi, servir "de grandes portions de nourriture est une manière de dire `Je t'aime'". Pour des Américains "affection/compassion" et "manger copieusement" sont très liés, de façon quotidienne, et pas seulement lors des fêtes.

Il y a, en revanche, une contradiction au sein même de la culture Américaine, en ce qui concerne les repas. Car l'éthique protestante aux Etats-Unis "vous indique que vous devez vous maîtriser face à la nourriture", que vous êtes "personnellement responsable de votre santé et de votre corps".
En conclusion : Vous êtes avez aimé si vous êtes servis largement, mais vous êtes moralement déficient si vous y cédez.
C'est une situation impossible parce qu'il est extrêmement difficile de ne pas manger avec excès lorsqu'une abondance de nourriture vous est présentée.

Plus on est servi, plus on mange. C'est simplement dans la nature humaine.

En outre, il a observé que les Français ne se sentent pas coupables de leurs plaisirs et apprécient donc leurs repas d'une manière différente des Américains.
En effet, en tant qu'élément de sa recherche, Rozin a mesuré la quantité de temps passée à manger à Paris comparée à celle aux Etats-Unis. Il a constaté que les gens prennent 50% de temps en plus à Paris pour un simple déjeuner.

Fay Reiter, aide sociale certifiée à Hopewell, New Jersey, qui conseille les personnes de poids excessif cherchant à amincir, n'est pas étonnée. Tandis que les Français mangent moins, dit-elle, ils en sont satisfaits, parce que manger, là-bas, est "une occasion de se faire plaisir, de ralentir un peu et de se détendre".
Ici, dit-elle, les gens conduisent leur voiture jusqu'à la fenêtre d'un drive-in et "se précipitent dans un coin s'isoler pour finir leur repas le plus vite possible, ingérant de grandes quantités de graisses qu'ils n'ont même pas le temps d'apprécier".
"Les gens essayent de remplacer la `satisfaction` du repas par `plus de nourriture`.
Mais cela ne fonctionne pas."



2) Exemples ...

Heureusement pour vous, futurs touristes, (si il en a encore qui ont envie de venir ici) il existe des solutions pour éviter d'exploser les boutons de vos pantalons : cela s'appelle le "doggie bag".
C'est plus que répandu ici, à tel point qu'on peut même dire que c'est une véritable institution.
Je pense que cela vient à la fois du fait qu'à peu près tous les restaurants sont équipés pour faire des "plats à emporter", et du fait que, pour un Américain, ce qu'il y a dans son assiette lui appartient, puisqu'il l'a payé.
Vous noterez que c'est d'une logique imparable ...
Là où une serveuse Américaine vous le proposera naturellement, un restaurateur Français (Parisien) vous regardera de travers.

Une de mes amies, que nous appellerons Germaine, m'a raconté un jour l'histoire suivante, qui lui est personnellement arrivée :
(et je n'ai aucune peine à la croire tant ses aventures Parisiennes sont rocambolesques.)

Germaine est toute contente, elle va au restaurant avec des amis.
La semoule et tout ce qui va avec est d'un raffinement enchanteur et, en bonne compagnie, entourée de ses amis, Germaine est au paradis. Hi hi !
Mais il se trouve que, malgré l'envie, Germaine ne peut plus en avaler un grain (de semoule).
Angoisse des examens, temps qui se rafraîchit, que sais-je encore ... enfin bon bref, caler, ça arrive à tout le monde.
C'est pourquoi, devant son assiette encore pleine et pensant faire compliment au chef, Germaine, toute pleine d'un espoir naïf, demande au restaurateur de lui servir son repas « à emporter », dans une petite boite quoi.
Après lui avoir rendu un regard du genre :
« Non mais tu te crois où, espèce de pouilleuse, c'est pas les restaus du coeur ici ! »,
ce monsieur a tout de même pris la peine de transférer puis de rendre à Germaine son repas ...
dans un grand baril de lessive en poudre.

Ahhhhhh, Paris !
Le parfum des poubelles, au petit matin gris ... assis en rond par terre sur un tapis Indien, on buvait de la bière et du thé au jasmin.

C/ Aux USA, pas besoin de bouger ...

Il est extraordinaire de découvrir le monde des magasins américains. Et je dis ça sans être sarcastique. C'est vrai : c'est formidable !
La plupart des magasins sont ouverts jusqu'à 22h00, et certains, même, ne ferment jamais.

Alors là, je vous entends déjà râler d'indignation : "Oui, mais vous vous rendez comptes, les travailleurs, ils sont exploités, tout ça !"
Bof !
En France aussi il y a des travailleurs de nuit, alors pourquoi pas les magasins ?
Après tout, si les employés sont payés en rapport ... et les lois concernant la rémunération du travail de nuit sont à peu près les même ici qu'en France ...
Et puis ça a un aspect tellement pratique :

"Fini, les courses à Carrefour le samedi après-midi ... quand il n'y a pas grand monde ! "

Et pour la bouffe, c'est pareil : Pizza, sandwich, burgers ou petit déjeuner, que ce soit Mexicain, Chinois ou Français : aucun soucis !
Tout ce que les restaurants proposent, ici, est à emporter.

Travailleurs, vous rentrez du boulot un peu tard (20H00) ?
         --> Faites-vous livrer !
Téléspectateurs, vous avez petite faim à la fin du film (22H00) ?
         --> Faites-vous livrer !
Madame, un petit creux avant de vous coucher (23H50) ?
         --> Faites-vous livrer !
Etudiant, tu finis un projet un peu tard (02H00)?
         --> Faits-toi livrer !
Une crise d'insomnie (3H30) ?
         --> Faites-vous livrer !
Etudiant, tu finis un projet vraiment tard (05H00)?
         --> Faits-toi livrer !
Tiens, le jour se lève ... (Aube)
         --> Si on se faisait un petit-déj' au 'IHOP' du coin, il ne ferme jamais ...

Et la journée c'est encore pire, parce que vous ne dormez pas ...

Je me lève ... (06H30)
         --> Petit-déjeuner classique, lard, bacon, saucisses, beurre, oeufs, toasts, beurre, pomme de terre, beurre ...
J'arrive au boulot ... (08H00)
         --> Le choc. J'ai beau le faire tous les jours, je n'arrive pas à m'y faire. Donc : snack...
La pause ... (08H10)
         --> C'est vrai, quoi, en plus j'ai apporté avec moi un paquet de pop-corn à faire au micro-onde ...
Je travaille mais ... (08H30)
         --> C'est quoi ce parfum ? Du pop-corn ! Vous aussi ? Comment ? Si j'en veux ? Bien sûrs que j'en ai envie !...
Tiens ! Mais ça sent le pop-corn !... (09H00)
         --> Comment ? Une nouvelle variété ? Chouette !...
C'est quoi ce bruit ? ... (10H00)
         --> Oh, des cacahuètes ! Comment ? Je peux ? Merci bien, vous êtes des amours ! ...
Tiens, dans mon tiroir ... (11H00)
         --> Il y a encore ce paquet de chips d'hier ...
C'est drôle, j'ai faim ... (11H50)
         --> Heureusement, j'avais prévu le coup : un Twix ... ou deux
Enfin le repas ... (12H30)
         --> Vite, dépêchez vous, je ne voudrais pas être en retard au travail ...
De retour ... (12H50)
         --> Je viends revenir de ma pause déjeuner. Ouf, je ne suis pas en retard ...
Qui c'est qui ... (13H30)
         --> est en train de se faire un hot-dog ? C'est malin, maintenant j'ai faim ! Je ne comprends pas, j'ai mangé mon repas du midi il y a moins d'une heure ...
Le début de l'après-midi ... (14H00)
         --> ne commence jamais sans un petit réconfort ... pour me récompenser de ma matinée de travail ! Et hop, un Mars ...
Le début de l'après-midi ... (14H10)
         --> visiblement c'est la même chose pour tout le monde ... Oh ! Du pop-corn !
Un petit creux ... (15H00)
         --> heureusement, il me reste un paquet de cacahuètes ... qui c'est qu'en veux ?
La presque fin de journée ... (16H00)
         --> Encore une heure ... Bon, un Twix pour attendre.
La presque fin de journée ... (16H01)
         --> Tirens, c'est vrai, j'avais oublié que c'est aujourd'hui le jour du gâteau que ma collègue apporte de son club pâtisserie de la veille. Nous nous devons de l'aider à finir. C'est une question d'esprit de groupe.
La presque presque fin de journée ... (16H59)
         --> Encore une minute ... que je compte en suivant la trotteuse de l'horloge murale ... 55, 54, 53, 52 ...
03, 02, 01 ... Fin de journée ... (17H00)
         --> Grand moment de sport : je me transforme en « flèche bleue » et cours jusqu'à ma voiture.
Chez moi, enfin ... (18H00)
         --> Je m'écroule sur le canapé super moelleux, et m'enfile un pot de glace Ben & Jerrys, pour me remettre de ma journée. C'est bon Ben & Jerrys, j'aime bien ça Ben & Jerrys !

Grand jeux concours : Comptez le nombre de références à de la nourriture dans le paragraphe qui précède et vomissez le. Vous verrez, c'est très intéressant !

Mais il y a autre chose. Cette facilité d'accès à la nourriture, lié à l'idée qu'ici vous êtes libre de conduire votre vie comme bon vous semble, provoque un déséquilibre comportemental assez fort : Personne ne mange en même temps. Tout le monde mange en fonction de sa faim. Je ne compte plus le nombre de fois ou j'ai demandé à ma femme "Chérie, tu veux manger quoi ce soir ?" et ou elle m'a répondu "Ce que tu veux, moi j'ai déjà mangé !".
L'accès au réfrigérateur n'est gardé par aucune règle précise et le principe même du repas devient assez flou, il faut bien l'avouer.

Il y a même eu un toubib pour utiliser ce fait à son avantage : il a mis en vente une pilule miracle pour faire maigrir !
Les instructions accompagnant le remède étaient d'une simplicité rare :

1- Prenez la pilule après le repas, environ vers 20h00.
2- Surtout, n'ingérez plus rien après. (cela annulerait l'effet de la pilule)

Rien d'autre !
Pas de diètes compliquées, pas de produits de substitution, pas d'exercices à faire !
Vous imaginez bien que les instructions étaient systématiquement suivies à la lettre, tant elles étaient simples.
Après avoir vendu un certain nombre de ces pilules, il s'est avéré deux faits étranges :

1- Le traitement fonctionnait.
    (sans effets pervers tels que : « reprise radicale de poids » en fin de traitement, ou bien « nausées » ou autres surprises du même genre)
2- Le docteur en question s'est vu poursuivi en justice pour vente de placebo.

Car la pilule en question ne contenait qu'un durcisseur alimentaire et un peu de sucre.

En fait, ce docteur s'était rendu compte que ses compatriotes, après un repas du soir plus ou moins consistant, continuaient de manger durant la soirée ...

D/ Aux USA, tout est « pratique »

De plus, il existe ici une tendance très forte à rechercher le coté pratique des choses. C'est pourquoi, lorsque les fabricants de poussettes se sont penchés sur le problème, ils ont tout naturellement pensé à ajouter toutes sortes de petits gadgets bien utiles pour la maman qui l'utilise.
Ainsi sont apparu, petit à petit, les additifs suivants :

Base

Additifs

: 1 siège, 4 roues, deux poignées.

: 1sac filet accroché sous les poignées
        pour le sac à main ou les vêtements en trop, parce que si dehors il fait -10°C,
      à l'intérieur de la galerie en question, il en fait facilement 28.
: 1 bac renforcé placé sous le siège de l'enfant
        Pour placer les courses, les sacs, les bonbons, enfin tout ce qui encombre inutilement les bras.
: 1 plate forme à roulette amovible, accrochée en « caravane » de la poussette.
        Ainsi, le deuxième petit monstre peut grimper dessus et « en voiture Simone »,
      on peut tranquillement foncer dans les allées sans perdre le mouflet entre la confiserie
      et la charcuterie (bien moins intéressante que la première).
: 1 plateau entre les poignées, avec emplacement pour le gobelet.
        Parce que dans les galeries marchandes, il y a toujours un « food court » dans lequel
      se procurer un repas à emporter. Et puis bon, vous asseoir pour manger ?
      Vous n'avez pas que ça à faire. Alors vous mangez en marchant, c'est très pratique,
      et ça économise pas mal de temps.
: 1 poignée centrale, en plus des deux poignées classiques, en forme de joystick.
        Vous avez déjà essayé, vous, de conduire une poussette avec une seule main ?
      C'est super dur parce que l'engin part toujours sur le coté ... et dans ce cas,
      comment voulez-vous manger en conduisant si vous avez les deux mains prises ?

Toutes ces petites choses sont super pratiques !

Il y a aujourd'hui aux USA tout un tas d'enfants qui, parce qu'il ne marchent pas assez, ou mangent n'importe comment, sont obèses avant même d'avoir appris à lire.
Vous pourrez même les reconnaître lorsqu'ils grandiront parce que ce sont eux qui, adolescents, marchent les pieds en canard et le ventre en avant.
J'en ai croisé hier, au « Mall », c'est très rigolo à voir.

E/ Les enfants font comme leurs parents ...


Étude : Les enfants en bas âge mangent trop de nourriture « merdique »

San ANTONIO, Texas -- Avant même leur deuxième anniversaire, beaucoup d'enfants américains développent les mêmes mauvaises habitudes culinaires que les adultes de la nation : trop de graisse, de sucre et de sel, et trop peu de fruits et de légumes.


Une nouvelle étude, portant sur plus de 3.000 jeunes, a trouvé un nombre significatif de jeunes enfants se nourrissant de frites, de pizzas, de sucrerie et de sodas.


Les enfants âgés 1 à 2 ans ont besoin d'environ 950 calories par jour, mais l'étude a constaté que la prise moyenne pour cette catégorie d'âge est de 1.220 calories, un excès de presque 30%, et pour les enfants âgés de 7 à 11 mois, l'excédent calorique quotidien était environ 20%.


Une étude, commissionnée par les produits Gerber & Co qui fabriquent des aliments pour bébé, a révélé que "les modèles, par tranche de 24 mois, ressemblent de façon frappante à certains modèles diététiques américains problématiques".


Une recherche récente a constaté que, approximativement, un Américain sur cinq est maintenant considéré comme obèse, ce qui double le taux du milieu des années 80.


"(vos enfants) vous observent -- ils voient ce que vous faites" dit Jodie Shield, une diététicienne de Chicago, qui a écrit deux livres sur la nutrition des enfants. "nous sommes sur une trajectoire très dangereuse si nous ne faisons pas quelques changements, si nous n'aidons pas les parents à travailler leurs attitudes vis à vis de la nourriture, à prendre sérieusement leur rôle de modèle."


"Dans beaucoup de cultures, c'est une chose positive que de suralimenter votre petit bébé potelé", a dit Dorothy DeLessio, une diététicienne de l'université de médecine Brown de Providence, Rhode-îsland. Mais elle a ajouté que les Américains dépassaient le cadre du modèle normal : "Bébé aux joues rondes, enfant potelé, adolescent au poids excessif, adulte obèse."


Une étude, conduite en 2002, a permis de révéler des faits inquiétants, sur une population de parents intérrogés au téléphone sur ce que leurs enfants (de 4 mois à 2 ans) ont mangé dans la journée.

Envion 1/3 n'ont pas consommé de fruit ou de légume. Et pour ceux qui ont consommé des légumes (+ de 15 mois uniquement), il s'agissait essentiellement de frites.


Frites :

- 9 à 11 mois : 9% mangent des frites au moins une fois par jour.

- 19 mois à 2 ans : 20% mangent des frites quotidiennement.


Hot dogs, saucisse et bacon :

- 9 à 11 mois : 7%

- 12 mois à 2 ans : 25%


12 mois :

- 60%, un dessert ou une sucrerie au moins une fois par jour.

- 16%, une snack salé au moins une fois par jour.


19 mois et plus :

- 70%, un dessert ou une sucrerie au mons une fois par jour.

- 27%, une snack salé au mons une fois par jour.


15 mois et plus :

- 30 à 40% : boisson sucrée aux fruits chaque jour.

- 10% : ont déjà goûté à un soda.


Madame Shield affirme que ces régimes influencent fortement les enfants dont les préférences alimentaire sont forgées entre 2 et 3 ans. Et si « ces gosses boivent des sodas et des boissons douces si jeunes, cela va devenir un véritable challenge d'introduire d'autres types de nourriture plus tard ».

Elle ajoute que les parents ignoraient largement les pratiques normales en procurant :

-- à 29% des enfants de la nourriture solide avant 4 mois.

-- à 17% de boire des jus de fruits avant 6 mois.

-- à 20% de boire du lait de vache avant 12 mois.


L'étude a, en outre, montré que ces taux étaient encore plus prononcés pour les familles recevant l'assistance financière fédérale « Women, Infants & Children » :

-- plus de 40% des enfants n'avaient pas mangé de fruit le jour du test.

-- ces enfants boivent plus de jus de fruits.




F/ Conclusion

Contrairement à la coutume Française qui veut qu'un repas soit un acte social avant d'être un acte de restauration personnelle, aux USA, le repas est d'abord et avant tout un acte pratique, destiné à vous restaurer et c'est tout.

G/ Les liens

Le premier de ces liens est extrèmement intéressant pour ceux qui ont le sentiment que ce chapitre de mon journal n'apporte que des problèmes et aucune solution. Il est composé d'un série de petits textes faciles à lire et tout plein de bonnes choses :
http://www.pratique.fr/sante/aliment/index.html

Les autres sont des sites de bouffe, parce que se faire plaisir, c'est quand même la chose la plus importante ...
http://gastronomie.philagora.org/bretagne/
http://perso.wanadoo.fr/kerbreizh/divers/recettes.html
http://www.boire1coup.com/



Bonne lecture à tous et bon appétit ...










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