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Sacré
Français !
Ou, comme diraient nos amis
Québécois :
"Môdzit' d' Kâliss d'esti d' Frrâançais !"

Une belle journée
d'automne, Laura, la femme de Georges, s'en est venu visiter son ami
Jacques, chez lui, dans son palais de l'Elysée.
Courtois et
bien élevé, Jacques se met donc en devoir d'accueillir
comme il se doit sa très charmante invitée.
Prenant
le thé, ils ont parlé droit international, paix,
économie, enfin bon, d'à peu près tous les
sujets qui n'intéressent personne mais qui doivent être
abordés lors de ce genre de rencontre.
Et qu'est-ce les
américains retiennent de cette rencontre historique ?
"Le baise-main ..."
C'est à pleurer.
Remarquez, au moins, ils ne retiennent pas forcément la partie la plus déshonorante . . .
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Voyez avec quelle piété, quel sérieux, quelle abnégation et quel courage, le Premier Compatriote de notre Grande et Belle Nation Française accompli ce geste, somme toute bien banal, mais qui revêt ici un sens tout nouveau, celui d'une bonne claque dans ta gueule de paysan d'américain illettré. |
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On peut même deviner un début de sourire, réprimé à grand peine, tant le désir, brûlant, la submerge. On est en droit de remarquer, avec soulagement, que le photographe s'est abstenu d'immortaliser la portion du "Sol de France" que Laura aura, très certainement, abondamment humidifié. |
Ca c'est sûr ! Ca doit pas lui arriver tous les jours, à bobonne, qu'on lui fasse le baise-main.
En y regardant de plus près on a plutôt l'impression qu'elle a envie de dire, enfin de crier :
« Et les gars ! Regardez ! Je suis en France ! »
Et tout est dit !
C'est qu'ici, aux
« États Unis d'Amérique », les contacts
corporels sont très limités. (Ca ... c'est le moins
qu'on puisse dire)
Ils ne sont pas tous Mormons, mais quand même,
on dirait, presque :
- Se dire bonjour,
ici, s'exécute d'un signe de la tête, et encore,
seulement à celui à qui vous voulez parler. Parce que
les autres ...
- Si vous connaissez votre interlocuteur ou que
vous voulez marquer le coup (première rencontre,
présentation), vous lui serrez la main.
- Et si vous êtes
intimes, ou que vous désirez témoigner votre affection,
appuyer le geste d'accueil, vous pouvez vous permettre
l'accolade.
Quoique cette règle est sujette à
quelques exceptions. Par exemple, j'ai essayé, une fois,
l'accolade avec mon beau-père. Il m'a bien fait comprendre de
ne jamais, mais alors
jamais, recommencer.
On n'est pas des pépés !
Allons ! Tout de même !
- Et pour ceux qui ont l'idée saugrenue de faire la bise ... c'est droit au procès pour harcèlement !
Remarquez qu'en voyant l'expression de Laura au moment fatidique,
je doute qu'une cour de justice puisse accepter la plainte ...
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